UniVERSIEL...

Un nuage de poussière s'élève... Les portes s'ouvrent enfin.
Dans l'embrasure, vous hésitez longuement avant de faire le premier pas.
Un nouveau monde s'offre à vous, un nouvel univers : l'UniverSiel.


Au loin, sous ce croissant pâle, des pyramides vous dominent. Une ombre passe, hâtive.
Est-ce déjà le fruit de votre imagination ?


Vous progressez doucement, à la manière d'un enfant perdu. Le lieu est étrange et pourtant...
Vous êtes attiré, aimanté et succombez inexorablement.

A présent, vous errez... Les voies sont multiples, pleines de surprises.
Vous vous attardez parfois, vous passez votre chemin aussi.


Et vous oubliez...

Au loin, un frémissement s'élève tandis que se ferment sur vous les portes de l'UniverS : l'UniverSiel...

- Siel
 

Météo du jour

Dhara... Journal d'une aventurière
    Dhara est une intrépide aventurière qui vit d'intérpides aventures.
    Aventurez-vous sur ses pas aventuriés et suivez chaque semaine une nouvelle péripétie.



Introduction :
        De l'enfance à nos jours

Partie Iere :
        Faire connaissance
Partie 2nde :
        Oublier les tracas quotidiens

Partie 3eme :
        Repos compensatoire

Partie 4eme :
        Se faire des amis

        (à venir)

Partie 5eme :
        Révélations

        (à venir)

Bouteille à l'eau

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Samedi 17 mars 2007

Journal d'une aventurière... Dhara

Partie 2nde : Oublier les tracas quotidiens...



26 Riag 1506 TH : Sales suceurs de cervelles !

Citation de Brand Main Agile, lorsqu’il crut échapper à ses tortionnaires.

 

-Cours et ne te retourne pas, Dhara, sinon, tu vas te faire bouffer toute crue !

         -Merci du conseil, Esteban, mais je n’ai aucune envie de finir dans l’estomac d’un grizzli affamé. Tu n’aurais jamais dû l’approcher pour lui prendre SON gibier ! C’était stupide.

Dhara tenta de reprendre son souffle. En vain.

            -Tu t’épuises pour rien… Et je te signale qu’à l’auberge, c’est toi qui as décrété à une bande de mâles poussés par leurs hormones que tu souhaitais chasser… T’es pas heureuse là ?

            -Noooon ! J’ai horreur d’être le gibier ! s’égosilla l’humaine, ivre de colère.

            Le souffle de la bête se fit évanescent : elle était parvenue à effrayer les deux intrus et ainsi sauvegarder son précieux butin – un lapin des campagnes déjà mâchouillé. Un bref coup d’œil en arrière pour constater que l’ours n’était plus sur leur trace. Toutefois, dans le doute, le grizzli pouvant émerger des fourrés à n’importe quel moment, Dhara continua sa course effrénée.

            Soudain, elle interrompit nettement sa démarche. Esteban la percuta par l’arrière – bon gré mal gré – et tous deux se retrouvèrent au sol. Une gifle claqua aussitôt. Que le jeune humain n’ait pu s’arrêter à temps, Dhara le comprenait encore. Mais qu’elle retrouve deux mains se promenant sur son corps de pucelle, elle ne le supportait pas !

            -Qu’est ce qui te prend, Dhara ?

            -Et tu oses me le demander ! Je ne crois pas t’avoir permis de me peloter à la moindre occasion !

            -Non… Ça, j’avais bien compris !

Esteban caressait doucement sa joue écarlate où apparaissait la marque des cinq doigts. -Non ! Pourquoi t’es-tu arrêté ainsi ? reprit-il.

            -Ah ! Ça ! Ecoute…

            Tous deux tendirent l’oreille.

Un groupe nombreux de donneurs de noms discutait à proximité, derrière un petit bosquet. Les deux humains se rapprochèrent furtivement, sans bruit. En poussant quelques branchages, toujours avec la plus grande discrétion, ils constatèrent la présence de neuf hommes et femmes et d’un nain au milieu d’une clairière sombre. Les arbres alentours offraient une protection naturelle et le soleil devait être à l’aplomb pour illuminer de sa clarté le convoi. Hors, le soleil était passé de longue main au-dessus d’eux, au-dessus même de Dhara et d’Esteban.

            Le nain ne pouvait être que Cain : sa barbe tressée, ses vêtements ornementés de toute part de colifichets coruscants. Enfin, après plusieurs jours de course acharnée, ils avaient trouvé leur « cible ». Mais, qui étaient ces hommes et femmes ?

-Voilà probablement la marchandise : des esclaves ! constata avec amertume Esteban. De vieux souvenirs surgirent de sa caboche.

            -Des esclaves ? s’étonna Dhara.

C’était la première fois qu’elle était confrontée à telle immondice. Jamais elle n’avait connu l’esclavagisme avant cela. Mais, les chaînes étaient brisées pour quelques-uns d’entre eux et les nouveaux affranchis s’affairaient à libérer leurs acolytes. Au milieu de la cohue, Cain aidait. Il avait dû fournir les marteaux et enclumes à l’effigie Thérane.

            -De misérables esclaves ! reprit furieusement Esteban. Ce nain, Cain, est un messie envoyé par les Passions. Jamais je n’arrêterais un donneur-de-noms tel que lui, même pour une prime de 200 000 pièces d’orichalques.

            -Je suis bien d’accord avec toi et me demande même si nous ne devons pas les aider…

            Un sifflement.

         Le corps du nain s’écroula, sans vie, au milieu de la clairière. Une mare de sang brunâtre se répandit au sol. D’abord abasourdis, les hommes libres prirent la poudre d’escampette dans un capharnaüm rageur. Les femmes, encore enchaînées, se regroupèrent pour ne former qu’une masse indistincte.

            Un second sifflement.

           La masse s’ébranla et les cris de terreurs montèrent au-dessus des arbres. Une femme venait d’être percutée à la carotide. Le sang jaillissait en fontaine de son cou, éclaboussant les autres. Mais elles ne pouvaient fuir, toutes enchaînées qu’elles étaient.

            -Où est le tireur ? s’écria Dhara.

            Sa question ne trouva qu’un faible écho : Esteban s’était lancé au milieu de la clairière. Et il disparut dans la foule des esclaves.

            Un autre sifflement.

            Cette fois, Dhara ne vit pas le point d’impact mais aperçut le point de salve. Derrière un bosquet se retranchait le tireur. Embusqué de la sorte, il ne craignait rien… Rien, si ce n’est le courroux de donneurs-de-noms en furie. Les deux humains jaillirent dans le même temps à la gorge de l’ork, tel un loup plongeant ses crocs dans la peau tendre d’un agneau. Dhara levait et rabattait son épée sans cesse, à l’acharnement… « Je te promets, Oberon, de ne tuer personne pas plaisir… » Le rire gras de l’obsidien résonnait encore dans son esprit. Elle s’arrêta enfin mais le corps de l’ork était déjà vidé de tout sang depuis des lunes. Esteban était toujours penché au-dessus. Puis, avec une violence qu’elle ne lui connaissait pas, il plongea sa lame dans la gorge du tireur :

            -…Juste au cas où…

            Voilà les simples mots qu’il utilisa pour se justifier.

 

*                      *

*

 

Le même jour : Je suis persuadé que l’on va trouver un arrangement…

Citation de Brand Main Agile, à peine rejoint par ses tortionnaires.

Il me faudra te couper cette langue de serpent pour que tu puisses écouter !

Citation du bourreau, en réponse à la requête de Main Agile.

 

        La clairière portait encore la cicatrice du combat. Mais un autre, plus terrible encore, était annoncé…

        Au milieu de la clairière, des hommes et des femmes adulaient comme une Passion un nain au cœur d’or. Ils creusaient déjà sa tombe, en récompense... Le nain allait être enterré en inconnu de son peuple mais en légende pour ces quelques donneurs-de-noms.

        Esteban et Dhara ne s’attardèrent plus longuement. Le cadavre de Gralk, l’ork Chasseur de Primes pareillement engagé pour la même mission, gisait dans un fossé sordide. Contrairement à Cain, à la femme et à l’homme tombé il y avait peu, il n’aurait de sépulture. Pas même un tombeau. Les charognards de la forêt se chargeraient volontiers de déchirer ses chairs et son cœur de pierre. Une fois Gralk dépouillé, une fois les esclaves repartis, il ne restait dans la clairière que deux humains, divaguant sur le devenir de deux feuillets trouvés sur le cadavre de l’ork.

-Je me demande ce que cela peut bien être ? s’interrogea Esteban en brandissant au-dessus de lui un morceau de papier usé par les voyages.

-Est-ce là un autre parchemin indiquant le prix d’une tête ? Dhara l’examinait de haut. La liste de son étui est impressionnante : je me demande s’il avait l’intention de chasser tous ces malheureux.

-Non ! Ce ne sont pas d’autres mises à prix : on dirait plutôt la pièce…

-D’un puzzle, c’est exact !

        La voix provenait de derrière.

        Esteban se releva vivement. Dhara aussi ! Un elfe à la pâle blancheur de peau et aux cheveux bleutés de naissance s’avançait avec détermination.

        Les deux humains reculèrent dans un premier temps, si imposante était la stature de l’elfe. Puis, ils se ravisèrent. Nous sommes deux après tout et lui est seul ! Ils dégainèrent tous deux leur épée.

-Ainsi, vous avez tué l’un des nôtres ! L’elfe parlait d’une voix grave. Vous méritez mon attention.

-Qui êtes-vous ? s’emporta Dhara devant tant d’impudence.

        Élevée dans la discipline et l’obéissance, elle ne supportait pas ce manque de respect. Au moins, il pouvait se présenter.

-Peu vous importe mon nom… Sentez l’air pur de cette clairière…

        L’elfe gonfla ses poumons. Et Esteban se prit à faire de même. Devant cette scène grotesque, Dhara ne savait plus quoi penser. Soudain, alors qu’Esteban finissait d’avaler une dernière gorgée, la lame de l’elfe transperça sa gorge.

-Je pense que tu as assez profité de cet air… Tu n’en étais pas digne !

Dhara cria jusqu’à l’extinction.

-Je me nomme Lannilis, Chasseur de Primes, et bien qu’il n’y ait à ma connaissance aucune prime sur ta tête, je vais te tuer !

        Un éclair de frayeur passa dans les pupilles dilatées de la jeune humaine. Face à elle était planté un elfe – Lannilis – au regard tout aussi meurtrier que son bras armé, l’épée à la main, la lame encore rougeoyante du sang d’Esteban.

-Au revoir, jolie poupée humaine… ou plutôt, devrais-je dire, adieu !

        Dhara avait la nuque dégagée. Un large sourire fit saillir la blancheur des dents de Lannilis. Mais, au moment où il allait rabattre son arme, son visage se transforma. Il fut défiguré par un rictus affreux, de douleur à ne pas en douter. Le pommeau frappa durement le visage de l’humaine, l’envoyant valser à plusieurs pas de là. Lannilis retira doucement une dague bien enfoncée sous la chair, la cuisse meurtrie à jamais.

-Je ne te ferai ce plaisir : ta mort sera longue et douloureuse… Oser me frapper ainsi…

        A présent, Dhara sanglotait de peur. Jamais elle n’avait tutoyé la Mort d’aussi près ! Elle se releva aussi rapidement que lui permettaient ses jambes et courut droit devant elle, sans regarder. Elle trébucha sur le corps sans vie d’Esteban. Sa tête cogna fort celle du macchabée. Elle croisa le regard vide de son compagnon d’aventure. Un autre ami disparu… Une quête qui pouvait s’achever dans cette clairière. Et elle s’interrogea : pourquoi une telle haine ? Oui, elle lui avait planté son couteau dans la cuisse… Mais, avant cela : pourquoi s’en était-il pris à eux ? Pourquoi avait-il tué Esteban ?
        Et les réponses étaient devant elle, juste devant son nez : le morceau de papier. Elle le dégagea de la main froide du défunt qui déjà se raidissait. Un violent coup aux côtes la fit rouler sur le côté. Elle cracha du sang. Puis, une violente douleur lui parcourut l’épaule droite : une dague, sa dague, lui avait perforé l’omoplate.

-Souffres-tu comme je souffre ? J’en doute… Tu le rejoindras mais il te faudra patienter plusieurs heures… Il regarda le corps sans vie d’Esteban. Je peux, je vais freiner ma quête… juste pour toi ! lui cracha Lannilis plein de morgue.

        Dans un dernier sursaut, un dernier espoir, elle tendit le morceau de papier. Lannilis s’emporta en un rire gras. Il examina le bout de feuille.

-C’est un dernier geste désespéré… J’aime cela ! Mais, sais-tu que je me le serais accaparé en fouillant ton corps encore chaud. Peut-être même encore vivant… Mais, je t’en remercie !

        Il examina la pièce du puzzle. Ses sourcils se froncèrent en une barre au-dessus des yeux, comme les montagnes de Throal dans le pays des nains.

-Pendant que tu y es, donne-moi l’autre… ou les autres pièces ! Elles me seront utiles !

        Lannilis avait un sourire dangereux aux lèvres, un sourire que la Mort affichait avant d’emporter sa victime.

-Je… Je ne comprends pas ce que tu veux me dire !

        Un énième coup de pied vint la percuter au menton. Tout en crachant le sang, elle pleura.

-Je n’y comprends rien : comment peut-on se battre pour un bout de papier ?

        Dhara sortit la seconde pièce trouvée sur le cadavre de Gralk.

-Tu ne sais rien de l’histoire ? C’est dommage ! C’est, je crois, la première fois que je vais tuer un donneur-de-noms sans qu’il en connaisse la raison… Tu vois, tu auras cet honneur ! Mais, ne te réjouis pas trop vite ! Je n’ai pas oublié ma promesse…

        Il termina son garrot à la cuisse…
- Tu mourras lentement, très lentement !



La suite dans : Dhara... Repos compensatoire...
Mardi 13 mars 2007
Que la traversée du désert fut longue et douloureuse : les pertes ne cicatriseront pas avant longtemps mais... quelle joie aussi de se retrouver ici !
Je retrouve mes calepins, mes notes de voyage... Je m'aperçois alors qu'il me faudra mettre à jour afin que les portes ne se referment pas... Non... pas encore...

Siel
Dimanche 4 février 2007
Le décor est planté.
Les aventures se succèdent déja.
Et... au milieu de cela... Dhara...

Découvrez-la ici en bien fâcheuse posture...

Siel

Journal d'une aventurière... Dhara

Partie 1ere : Faire connaissance

 

 

            20 Riag 1506 TH : Bonne chance à vous, compagnons ! Et ramenez-nous suffisamment de gibiers pour festoyer ce soir.

Citation de Brand Main Agile, quand il vivait encore en paix auprès de Fiona.

 

Les cris des oiseaux de sa forêt natale cessèrent quand l'humaine aux cheveux châtains émergea du bois. Les pinsons, les piverts, les corbeaux et autres passereaux achevaient cette mélopée aux allures d?adieux douloureux.

            L'humaine quittait son foyer et sa forêt pour la première fois. Devant elle s'épandait un florilège de champs aux couleurs chatoyantes. Dhara reprit une dernière inspiration. Elle jeta un dernier regard en arrière pour constater que, dans son bois, le calme régnait en maître maintenant qu'il n'avait plus affaire aux sauts d'humeur de la jeune fille, ni aux râles massacrants d'Oberon, son tuteur, reparti chez lui dans les Pics du Crépuscule, ni non plus aux moqueries infantiles de Merle.

-Au revoir. Jamais je ne vous oublierai et, Oberon, je tiendrai promesse. Je ne tuerai point pour le simple plaisir.

L'anneau, remis par le vieux sage obsidien en guise d'adieu, scintillait aux reflets du soleil.

-Je garde au fond du coeur mes souvenirs et à mon doigt, la marque de ton enseignement, maître Oberon. Aventures et mésaventures : je sais ce qui m'attend, ou je crois le deviner ? Tu vois, maître, j'ai retenu la leçon. Merle : j'aimerais tellement que tu partages ceci avec moi... Mais tu es à Ustrect et moi, je suis loin. Je te retrouverai un jour, au détour d'un chemin, l'arme à la main, la fierté dans les yeux, les signes de la maturité marquant ton doux visage. Je saurai alors n'avoir jamais perdu mon ami d'enfance.

            Une larme roula sur sa joue rosie par le chagrin.

-Mes dernières pensées seront pour toi, mère. Puissent les Passions veiller sur toi ! Je te promets qu'un jour, je ramènerai celui dont je ne connais que le nom : Brand Main Agile. Mère, attends-moi, je t'en conjure?

            Dhara tourna les talons et se mit en route, chargée comme une mule de paysans, trop vieux pour supporter le fardeau d'un tel paquetage. Cheveux au vent, larmes au bord des yeux, l'esprit trouble mais enfin libéré, elle se dirigea là où son instinct la guidait...


*               *
*

23 Riag 1506 TH : Les villages de Barsaive se ressemblent tous dans leur agencement. Il faut plonger une dague en leur coeur et en extirper les tripes pour constater l'originalité de chacun de ces lieux-dits.

Citation de Brand Main Agile, quelques heures après sa disparition.

 

-Voyons ! Cessez de vous moquez ainsi ! Cette discipline est des plus rudes et épouser ses tares, c'est comme embrasser le cul d'un thundra : c?est répugnant mais ça force l'admiration. Allez ! Ecartez vos sales pattes de cette jeune fille.

            -Tu ne crois tout de même pas qu'elle se sortira de cette situation tout simplement parce que tu l'as demandé, aubergiste.

Les rires gras bourdonnèrent autour de la fille, prostrée sous une table, des rires moqueurs. Elle cumulait les problèmes.

Trois jours de voyages et elle avait déjà affronté un serpent venimeux, un demi-spectre et, à présent, une meute de donneurs-de-noms mal embouchés, avides de sensations nouvelles auprès de la jeunesse du moment.

Dhara chercha du regard un soutien familier qu'elle ne trouva que trop tardivement. Au seuil de la porte gisait le corps d'un humain, celui-là même qui l'avait secourue face au spectre. Allongé dans son sang, son assistance avait été de courte durée. Son visage était couvert d'ecchymoses, ses lèvres tuméfiées. On aurait dit un pantin désarticulé. Repoussant à souhait, il aurait fait pâlir un elfe de sang. Mais là n'était pas l'important. Les multiples coups au visage, à l'estomac et aux côtes avaient eu raison de sa frêle carcasse. Il ne donnait plus aucun signe de vie.

-Je vous dis de reculer ! s?empourpra le tenancier.

            Il sortit de sous son comptoir une hachette aux tranchants émoussés par les années. Du cruor séché en garnissait encore le fil.

-Si vous me forcer à utiliser Myriette, je ne pourrais m'empêcher de penser à vos sales viscères de brigands salissants mon beau parquet tout neuf. Cela me mettrait d'autant plus en colère que Myriette hacherait sans relâche. Y-a-t-il des volontaires pour nettoyer et balayer les membres de vos amis ?

Dans un vrombissement insoutenable, l'aubergiste au visage rubicond faisait tourner sa hache. Les moins courageux reculèrent de suite, les habitués firent de même. Seuls les plus têtus provoquaient de leur présence l'impétueux tavernier. Et, la hache s'arrêta de tournoyer lorsqu'elle rencontra le crâne de l'un des valeureux aventuriers. Le sang gicla, éclaboussant tout le monde situé à moins de trois pas du demi-écervelé. Un scribe choisit cet instant pour franchir la porte de l'établissement. Son paquetage fut arrosé d'une gerbe écarlate. Ajoutés à cela les morceaux de cervelets collés à Myriette et à son chemisier de velours, il vomit aussi sec. Son  regard se posa sur la tête roulant au sol et il dégobilla de nouveau avant de sombrer dans l'inconscience.

            Dessous la table, Dhara eut un haut-le-ceuur. Jamais elle n'avait vu tant de sang. L'aubergiste, bourru et furieux de voir son parquet souillé, lui tendit une main poisseuse. Elle hésita longuement avant de finalement prendre cette main amicale.

             -Je... Je suis désolée?

            -Désolée ? De quoi ? Ce n'est pas vous qui allez nettoyer cela, ne vous inquiétez pas ! Par contre, il y en a un ou deux qui vont devoir frotter, dit-il en haussant le ton et en fusillant du regard les deux irréductibles qui avaient osé affronter le maître des lieux. Comment t'appelles-tu, fillette ?

            -Dhara.

         -Eh bien, Dhara, je pense que tu ferais mieux de te soucier de ton ami. Je t'apporte une bassine et de l'eau chaude : il en aura besoin. Et vous, bande d'abrutis, vous ne croyez tout de même pas que je vais vous donner un coup de main pour sortir ce cadavre de mon établissement et pour frotter le parquet !

            Dhara soigna le jeune humain fiévreux tout en marmonnant un tas d'excuses. Elle se sentait coupable d'avoir déclenché cette émeute. Peut-être n'aurait-elle jamais dû avouer qu'elle recherchait du travail, surtout dans son domaine. La discipline de Chasseur de Primes demeurait la propriété du sexe fort et peu d'entre eux savait s'adapter. Elle avait attisé la braise dans le coeur alcoolisé des mâles de l'auberge. Sans l'intervention de l'humain tout d'abord - corps en opposition, coups multiples aux côtes, lèvres fendue - puis de l'aubergiste, Dhara aurait connu une douloureuse expérience. La nuit apporta conseil : plus de discrétion à l'avenir !


*               *

*


            24 Riag 1506 TH : Psoque ! Non, ce n'est pas le bruit de l'eau dans ton verre mais celui d'un insecte si petit qu'il en est insignifiant pour tous les donneurs-de-noms. Mais voilà, mon frère est mort de ses ailes insignifiantes : il s'est étouffé en avalant l'un d'eux !

Citation de Brand Main Agile, lorsqu'il fut amené à parler sous la contrainte.

 

            La nuit avait été agitée car l'humain n'avait toujours pas reprit connaissance. Il était vivant et cela semblait déjà irréel. Toutefois, au petit matin, il était revenu à lui, non sans mal, une énorme bosse bleutée sur le haut de son crâne chauve, un coquard à l'oeil gauche, un poignet probablement affligé d'une entorse, une lèvre fendue sur le long ; mais, il était vivant. Quant à Dhara, elle avait perdu tout espoir. Pourquoi errer ainsi, sans but précis ? Compter sur une intervention des Passions ?

Une miche de pain à la bouche, elle ne pouvait manger tranquillement sans être dérangée, pas physiquement mais visuellement. Un troll passa sur ses lèvres une langue râpeuse dégoûtante et baveuse. Puis, le malheureux scribe de la veille entra. Il jeta un regard inquiet aux taches rougeâtres sur le parquet. Conscient de ce qu'il risquait en déclenchant la colère du tenancier, il prit toutes les précautions et choisit avec attention ces mots.

            -On me certifie la présence en cette noble auberge de Chasseurs de Primes ! Voici la tête mise à prix : Cain, un marchand nain que vous devrez retrouver, lui et sa marchandise. Vous travaillerez pour l'honorable t'skrang Ilkis.

            Un nain se leva de sa chaise et faillit tomber ou plutôt rouler à terre. Un ork le soutint aussi  promptement que pouvait le faire une personne âgée. Le nain émit un grognement de désaccord.

            -Cain, dis-tu le scribe.

            -Jules ! répondit le scribe en une courbette.

            -Bon, il faudrait savoir : c’est Jules ou Cain ?

            -Non, le nain ! Cain est le nain que vous…

            -… Ah non ! Moi, c’est Bofur ! Et pas, Cain ! rétorqua Bofur d’une voix tonnante.

            -Oui… Non ! Mais, en fait, Cain est le donneur-de-noms que vous chassez…

            -Hein, hein !

            -… et Jules, c’est moi !

           -Très bien… Il fallait le préciser auparavant ! Je m’en vais chercher ce Jules et vous ramènerai sa tête ! Parole de Bofur. Et, l’ork qui parle pas beaucoup viendra aussi… Enfin chacun de son côté, mais il participera à la battue.

            -Pas Jules, Bofur ! Mais Cain, par les Passions ! Cain EST LA CIBLE !

            Dhara eut un sourire mauvais, accusateur, pourfendeur. Fort… feu intelligence ! se moqua-t-elle en son for intérieur.

          -Dhara ! C’est une bonne opportunité ! Tu me répètes depuis notre rencontre que tu es une excellente chasseuse de primes, que tu pistes comme personne. Voilà la chance de le prouver.

            -Tu le penses vraiment, Esteban ? Je ne sais…

            -Tu joues ta mijaurée ! Je ne sais ce qui te pousse à aller et venir en Barsaive ainsi, mais il serait temps d’aller de l’avant. Jules a parlé d’une forte récompense ; il suffit de retrouver un nain que l’on sait fuir Vivane. Qu’en déduis-tu ?

Dhara tira une petite carte de son paquetage déjà moins conséquent qu’il y avait trois jours. Il fallait avouer que dans sa course pour échapper au demi-spectre, elle avait perdu plusieurs balluchons mais avait récupéré l’essentiel : la bague, des armes et ses souvenirs…

-Il va bifurquer, aller dans le nord ; on peut donc tenter de lui couper chemin en prenant en direction des Monts Delaris ! Et, il sera aisé de trouver une caravane de marchands avec un nain trapu à la barbe tressée possédant un anneau à chaque oreille, un chapeau plombé d’une plume noire et blanche, habillé richement de surcroît et aimant par-dessus tout les gris-gris et autres colifichets ;

-Eh bien voilà ! On y est… Alors, en route ! Je vais beaucoup mieux maintenant que je sais où l’on va, répondit fièrement Esteban. Ne nous attardons pas : ce Bofur est déjà parti, et, même s’il ne déborde pas d’intelligence, il se peut qu’il soit une lumière dans sa discipline ! Et puis, n’oublions pas l’ork, Gralk me semble-t-il ! Si nous voulons être les premiers sur Cain et sa marchandise, il va nous falloir sortir les doigts du c…

            Esteban s’interrompit, sourit niaisement, réajusta son col pourtant bien en place, et se leva en s’étirant. Et, bien qu’il ne fasse pas chaud en cette matinée, Dhara perçut la sueur sur son front : chaleur ou honte ? Elle avait parfaitement sondé l’esprit de son compagnon...



La suite dans : Dhara... Oublier les tracas quotidiens
Samedi 3 février 2007
La Terre en répit...

Cela n'aura duré que 5 minutes : à nous de faire que cela se poursuive.
L'appel a été suivi par environ 3 millions de foyers en France, entrainant une baisse de la consommation de 1% - 800 Megawatts - soit l'équivalent de la consommation d'une ville comme Marseille.
D'après les médias, une réussite... Mais, il ne faut pourtant pas s'en contenter et poursuivre l'offensive contre le gaspillage.

Ce geste de 5 minutes doit être pensé tous les jours, au quotidien.

Je cite, ci après, l'entame d'un communiqué de presse :

Les Amis de la Terre remercient vivement toutes les personnes et organisations qui ont participé aux Cinq minutes de répit pour la planète, organisées par l’Alliance pour la Planète et coordonnées par les Amis de la Terre. Un signal clair aux candidats à la présidentielle...

Affaire à suivre donc...

Siel
Mercredi 31 janvier 2007
Le réchauffement... On en parle, mais agissons-nous pour autant... ?

"Il n'y a pas de petits gestes lorsque nous sommes des millions à les faire..."

Un phrase d'accroche pour une publicité...
Alors, si cela vous parle, Participez à la plus grande mobilisation citoyenne contre le changement climatique !

Je reprends ici les propos trouvés là :
http://www.cyberacteurs.org/

L’Alliance pour la Planète (groupement national d’associations environnementales) lance 5 minutes de répit pour la planète, un appel simple à l’attention de tous les citoyens :  le 1er février 2007 entre 19h55 et 20h00, éteignez veilles et lumières.

Le 1er février 2007, entre 19h55 et 20h00, sortez courir et ramassez les papiers trainant au sol au passage ; reprenez votre bon vieux crayon pour gribouiller quelques idées, mijotez vous un bon plat... et... laissons souffler notre planète...

5 minutes de répit pour la planète...

Siel
 

Dhara...

"Vous possédez un dons divinatoire !"
Voilà ce que m'a avoué ma voyante ! Drôle d'ironie, n'est-ce pas ? Prédire que l'on peut prédire ! Car, effectivement, le printemps a frappé avant l'heure : une attaque massive, en force qui a vu l'écrasante domination du chef des armées printanières, la chaleur.
Mais l'hiver, reclu au fin fond de sa tanière ne s'en laissera compter : je vous l'assure. Méfiez-vous de ses traits aiguisés !

Les attaques ont été repoussées, vaillamment, sans que jamais l'espoir soit entrevu : l'hiver est vaincu ; le printemps règne seul désormais.
Mais, en secret, le chef de ses armées, la Chaleur, veille, à l'affût. Bientôt, il sera temps de mettre ce règne à bas et de jeter aux griffes de l'Eté les restes encore cuisant de ce printemps prétentieux... Bientôt...

Siel

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Juillet 2008
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