Dhara... Journal d'une aventurière
Dans le même pays, une porte plus ancrée dans les terres, là où la guerre n'est qu'un souffle, la haine une chimère, une jeune fille s'éveille.
Elle va vivre des aventures et les coucher sur papier, au mieux de ses capacités.
Laisserez-vous la porte de son rêve entrouverte ?
De l’enfance à nos jours… Dhara
ENFANCE :
Dhara : née dans la forêt de Landis le 25 Mawag 1487 TH au sein d’un village sans patronyme, fille d'un père inconnu et d'une mère, Fiona, botaniste de profession.
Fiona, jolie botaniste de 30 ans, rencontra un preux chevalier qui, blessé gravement au cours d'un duel, demeura chez elle. Pendant sa longue période de convalescence, Brand Main Agile s'enticha de la dame et resta plus longuement jusqu’à découvrir un lourd secret : son amour pour elle. L’union fut pratiquement promis mais le destin en décida autrement...
Au sixième mois de sa grossesse, Brand disparut soudainement : enlèvement ? Départ sciemment préparé ? Meurtre ? Assouvissement par une Horreur ? Toutes les hypothèses claquèrent à l'esprit de la dame éplorée, des plus cocasses au plus obscures... Elle sombra dans la folie en mettant au monde une adorable petite fille du nom de Dhara.
La jeune humaine fut élevée par un palefrenier secrètement amoureux de Fiona et qui aurait tout donné pour lui venir en aide et la soutenir, cela même dans le désespoir et la tristesse.
ADOLESCENCE :
Dhara trouva refuge dans une famille voisine et découvrit un soutien incommensurable en la personne de Merle, fils de forgeron du village. Ses amis étaient le plus souvent des garçons. Elle ne garde pas à l'esprit avoir nouer une quelconque amitié avec la gente féminine. Et le manque d'autorité paternel fut comblé par l'extrême sagesse d'un ancien du nom d'Oberon. Chasseur de primes retraité, cet obsidien au cœur d'artichaut s'enquit à lui enseigner une partie de son savoir. Il faut dire qu'il avait trouvé en Dhara et Merle deux élèves attentionnés.
Mais à nouveau, le destin frappa : Dhara fut séparée de son ami unique. Merle partit sur conseils d'Oberon en quête d'un maître d'arme du nom de Bénédict dans la forêt - lointaine à ses yeux - d'Ustrect sise au nord des Pics du Crépuscule. Dhara demeura seule à l'écoute d'Oberon qui, malgré son expérience, ne parvenait à apaiser la douloureuse amertume de sa jeune protégée. Dhara gardait des yeux rivés au nord, sur le reflet rougeoyant des douze Pics du Crépuscule.
DE NOS JOURS :
Oberon ne put garder longtemps l’humaine sous son toit. Elle ne cessait de s’éloigner, de plus en plus loin, de plus en plus longtemps. Dhara finit même par totalement s’éloigner de sa mère. Elle l’aimait, certes, mais ne supportait plus l'idée de son union avec un milicien juriste de Vivane. Un inconnu en guise de père alors qu'elle n'avait eu jusque-là qu'un grand-frère et un grand-père...
Oberon comprit rapidement que bientôt le corps suivrait le regard, au devant de l'aventure. L'heure du départ était imminent. Dhara avait tant à faire : retrouver ses racines et son père, retrouver la bouille joviale de son ami Merle, trouver sa voie...
C’est ainsi qu'un jour du mois de Riag 1506 TH, elle partit sans un mot, le baluchon à la main, le sourire plein d'envies aux lèvres, les souvenirs d'Oberon et de Merle sur le cœur…
A suivre...
Partie Iere : Faire Connaissance
Siel
De leurs songes a émergé un projet fou : le projet Lycan.
Déja, deux yeux rouges se braquent sur vous, pauvre âme égarée, perdue loin du Grand Portail. Les pupilles se dilatent, menaçantes... Et, tandis que vous vous précipitez vers les premières habitations de fortune de cet étrange village, vous sentez sur votre cou le râle sourd et l'haleine chaude de la Bête de la nuit...
Le projet :
"Approchez, mes braves... Ne restez pas si près de la forêt... Car, ce soir, la lune est pleine..."
Il s'agit d'un projet mené de concert par le collectif des Alfes Blancs et le forum des Songes du Crépuscule.
Voici les dires rapportés d'un vieux fou :
Ce projet doit donc être mené sur le long terme avec, à la clef, une mise en ligne progressive des textes et des illustrations.
Le tout devrait aboutir à une histoire sensée autour du Lycan, cette créature de la nuit, de la lune, de mes rêves..."
Puis, le vieux fou s'est éloigné en baragouinant une histoire improbable de caillou et de précieux...
Il a toutefois invité à consulter les deux partis concernés :
- Le collectif des Alfes Blancs
- Le forum des Songes du Crépuscule
Siel, ermitinérant
Les épées ont crissé... Voilà trop longtemps qu'elles ont cédé à la poigne enhardie d'aventuriers égarés...
Des histoires de nains, de guerres et de dragons...
Vous n'avez pas fait plus de dix pas qu'un elfe vous toise : il rétablit une mèche, se frotte le sourcil gauche et vous tourne les talons avant de disparaitre.
Tanis... Elfe prétentieux, mage nécromancien en phase d'apprentissage, à la soif de pouvoir démesurée. Tanis... elfe de sang royal mais déchu, bâtard. Tanis...
- Ses atouts : une prédisposition à la Mort ; son frère
- Ses défauts : son intérêt pour sa propre personne ; son frère...
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"Tout ce qui sera dit ici devra être passé sous silence par la suite : si mon frère avait vent d’un tel journal, il me tuerait sans une once de remord. Le fourbe ! Et pourtant, je lui dois reconnaissance : sans lui, mon corps pourrirait quelque part au fond d'une fosse sordide."
"Par où débuter cette histoire si incroyable, parfois grotesque. De plus, je dois me presser : si l’humain qui me sert de frère venait à nous prendre sur le fait...
Je me nomme Tanis, elfe de lignée royale : voilà un début ! On m’a également baptisé Lan ou le Sorcier Noir, mais jamais je n’ai renié mon vrai patronyme.
Je suis un membre éminent de l’Institut, une secte soi-disant secrète composée de barbares et d’assassins et régie par un règlement très strict : le Code des Assassins. Oh ! bien sûr, rien de bien original à cela, vous allez me dire. Et pourtant ! Ecoutez la suite de mes mémoires.
L’Institut n’était qu’une rumeur, une ombre que beaucoup cherchèrent à capturer sans jamais y parvenir. Elle était comme les étoiles — insondables — avant que je n’y sois embrigadé de force. C’était, souvenez-vous, lors du soulèvement de Kratas, la cité des voleurs. L’étrange société secrète se révéla au grand jour pour celles et ceux qui savaient regarder dans la bonne direction. Les Barsaiviens, eux, firent fi de cette histoire, invoquant tout bonnement le prétexte d’un dénouement ne méritant pas la moindre ligne dans un quelconque journal de bord. Balivernes ! Ils croyaient naïvement ce que les rumeurs véhiculaient... La vraie histoire, je suis l’un des rares à pouvoir la restituer, étant de ceux qui croisèrent le fer ce jour-là et, croyez-le, cette histoire gagnerait sa place dans les colonnes de la Grande Bibliothèque de Throal.
Je sens bien à cette moue que votre prochaine question tournera autour de l’Institut. Je vais donc assouvir votre curiosité par l’énumération de quelques détails alléchants.
L’Institut : les Barsaiviens qui en ont entendu parler un jour ne sont plus de ce monde pour expliquer leur point de vue. Je ne dis pas cela pour vous effrayer ! Vous ne craignez rien, en principe… Passons ! Les légendes racontent qu’il s'agit de groupuscules plus ou moins organisés vêtus de toges noires. Ils ne trouveront le repos qu’une fois la Mort ramenée sur Barsaive. Mais, les légendes ne sont bien souvent que fabulations ! L’Institut est un organisme hiérarchisé, aussi structuré que peuvent l’être les cours de justice. Je me trouve, pour ma part, sur un barreau ascendant de l'échelle, placé sous la protection de mon demi-frère.
Le Souverain — il aime se faire appeler ainsi — contrôle d’une main de fer les différentes actions entreprises par la société. Il se nomme Scap Nor. Jamais je n’ai vu son vrai visage, juste entraperçu : une ombre fantomatique planant au milieu d’une grotte aux ténèbres étouffantes. Puis viennent les Grands Gardes, au nombre de six, chacun représentant une des Ames de ce pays : la Patience, la Vigueur, le Charisme, la Détermination, la Perception Astrale et le Savoir-Faire. L’un de ces Grands Gardes n’est autre que mon frère, mon demi-frère comme précisé auparavant. Chaque Grand Garde guide un élève. La force et le mental des élèves sont soumis à rude épreuve lors d’un tournoi annuel — que j’ai emporté haut la main, cela va de soi. Enfin, il y a les castes inférieurs, celles qui obéissent en silence, rêvant dans l’ombre tutoyer l’apprentissage d’un Grand Garde.
Je pense que d’autres embranchements m’étaient dissimulés, mais voilà l’essentiel. Toutefois, l’intérêt que l’on porte et que vous portez à cette société est aujourd’hui suranné : elle n’est plus, détruite en partie par le fléau de notre époque : les espions. Les Porteurs de Lumières se sont mêlés à nos rangs et ont bu le jus acide de ce fruit mur, jusqu’à son dessèchement et sa déchéance.
Les Grands Gardes sont tous morts, tous sauf mon frère. Scap Nor repose auprès de sa Passion adorée, assassiné des mains de mon frère. Tout ceci peut vous paraître difficile à suivre, mais j’ai les idées claires.
Je suis à présent sous le joug des Porteurs de Lumières, travaillant sous leur tutelle à réparer quelques sottises. Mon frère m’aide en cela, mais plus j’apprends à le connaître, plus je le trouve... méprisable. Je crois, en fait, venir poindre de la jalousie. Je dois l’avouer : j’apprécie ses manières hautaines, violentes s’il en est. J’aime sa manière de pensée, perfide comme peut l’être un vieux nécromancien rongé par les années. Mais mon frère n’est pas magicien : seulement le meilleur des archers. Voila que je le flatte, je me reprends !
L’Institut n’est plus, mais elle renaîtra de nos..."
La porte s’ouvrit avec fracas.
"Toi ?! Que fais tu...noonnnn !!!"
Un homme de grande taille est entré par hasard dans la salle occupée par Tanis et son interlocuteur. Il avance d’un pas assuré vers le chroniqueur, sort une lame de sa manche et lui tranche la gorge. Il se tourne alors, imperturbable, jette un vif coup d’œil à l’elfe et lui rosse violemment les côtes. Son visage se métamorphose alors, tiré par la colère. Son teint gris comme les nuages d’un mauvais jour se réverbère dans les yeux apeurés de Tanis. L'homme alors tire un arc serti de runes, encoche une flèche et la pointe sur Tanis...
* vibration de corde se relâchant *
Un nuage de poussière s'élève... Les portes s'ouvrent enfin.Dans l'embrasure, vous hésitez longuement avant de faire le premier pas. Un nouveau monde s'offre à vous, un nouvel univers : l'UniverSiel.
Au loin, sous ce croissant pâle, des pyramides vous dominent. Une ombre passe, hâtive. Est-ce déjà le fruit de votre imagination ?
Vous progressez doucement, à la manière d'un enfant perdu. Le lieu est étrange et pourtant... Vous êtes attiré, aimanté et succombez inexorablement.
A présent, vous errez... Les voies sont multiples, pleines de surprises. Vous vous attardez parfois, vous passez votre chemin aussi.
Et vous oubliez...
Au loin, un frémissement s'élève tandis que se ferment sur vous les portes de l'UniverSiel...
Siel
N'oubliez pas de semer des cailloux blancs...
